Ludivine Prévot présente HAPPYness

HAPPYness, ou le bonheur du partage

Comme on retrouve un bout de soi resté à quai, Ludivine Prévot est toujours revenue à son île. À 12 ans, elle convainc sa mère de quitter la région parisienne pour vivre chez ses grands-parents bellilois. Habitée par le sens du mot « partage », tatoué sur sa peau, elle exerce le métier d’aide-soignante avant de reprendre HAPPYness, concept store de produits éthiques pour bébés, enfants et adolescents. Idéalement situé dans le cœur de ville du Palais, on y retrouve l’univers rétro, authentique et chaleureux de son hôte. Ici, la consommation durable a un sens, et la solidarité entre commerçants est bien réelle. HAPPYness porte décidemment bien son nom. 

Ludivine Prévot présente HAPPYness - Spoted

Ludivine devant sa boutique HAPPYness

Racontez-nous votre reconversion, d’aide-soignante à entrepreneure.

Lorsque je suis passée dans cette boutique en décembre 2018 pour la semaine commerciale, mon amie Audrey cherchait repreneur. C’était une période où je ne m’épanouissais plus dans métier d’aide-soignante. Cette boutique était une porte de sortie pour découvrir autre chose, tester mes capacités et prendre la responsabilité de gérer une entreprise.  J’ai sauté le pas très vite en suivant mes envies, comme je le fais souvent !

L’ambiance de la boutique en un mot ? 

Chez Lulu, parce que c’est un peu chez moi en fait !

 

Décrivez-nous HAPPYness

Les meubles étaient déjà là lorsque j’ai repris la boutique, cette déco me correspond mais ce n’est pas moi qui l’ai mise en place. J’y apporte ma touche, petit à petit, en y mettant d’autres couleurs et en modifiant certaines choses. J’ai mis du parement bois dans les vitrines l’hiver dernier et ce mois-ci je vais repeindre une grande partie de la boutique.

Vous proposez également un mode de consommation plus responsable.

Je suis très touchée par l’impact de la surconsommation. J’ai arrêté les marques qui utilisent trop de suremballage plastique pour privilégier des créateurs responsables, comme les cosmétiques Nailmatic, fabriqués en carton recyclable et scotch papier. J’essaye également d’éveiller les consciences des marques de prêt-à-porter en leur proposant d’autres modes de réutilisation du plastique. J’espère faire bouger les choses.

 

Qui sont vos clients ?

Le plus gros du chiffre d’affaires se fait sur la saison estivale, avec une clientèle touristique au pouvoir d’achat plus élevé. Je veux également offrir à notre clientèle belliloise des prix accessibles, avec des fins de collection bradées toute l’année et des accessoires petits prix. Nous organisons également des évènements hors saisons pour dynamiser le commerce local en partenariat avec l’UCP, l’Union des Commerces Palatins

 

« Je sélectionne ce que j’ai envie de partager. C’est la marque, ses valeurs ou leur créatrice qui m’interpellent, au-delà du produit. »

 

Comment faites-vous votre sélection?

Je chine sur les réseaux sociaux ou sur les sites comme Spoted qui regroupent une grande partie de mes marques. Je ne recherche pas ce qui va être « accrocheur » mais ce que j’ai envie de partager. Depuis toute petite, j’ai toujours voulu partager, dans mon métier d’aide-soignante, ou aujourd’hui à travers mes goûts, ma vision éthique, mes intérêts pour les créateurs ou pour les femmes qui créent leur marque avec véritable histoire derrière. Comme Héloïse Pierre, fondatrice des jeux éducatifs Topla, qui éveille les consciences sur le sujet de la parité. Je suis une vraie féministe ! 

 

Comment travaillez-vous avec les deux magasins de jouets voisins ?

Là encore, la collaboration est au cœur de mon fonctionnement. On travaille en bonne intelligence : ce sont mes collègues, et non mes concurrents. Ma voisine propose des jouets en bois : quand on découvre des nouveautés, on se voit et on en parle. 

 

Comment surmontez-vous cette année de crise sanitaire ?

Au départ… j’ai pleuré ! Après, j’ai relativisé : d’autres commerçants ont consacré leur vie à leur entreprise, alors que ne je vis qu’une expérience.  Je me bats, je fais ce qu’il faut. Nous avons rattrapé le retard avec une saison d’été exceptionnelle, aidés par les fournisseurs qui ont assuré leurs livraisons. On était tous ensemble et tous motivés pour faire une bonne saison. Pendant le confinement, nous nous sommes mobilisés en contactant tous les commerces essentiels pour connaître leurs horaires d’ouverture, et les commerces non essentiels pour relayer leurs modalités d’adaptation.

 

Pendant le confinement, de nombreux commerces « essentiels » se sont proposés en point-relais de commerces « non essentiels » 

 

Qu’est-ce qui a le mieux fonctionné ? 

Facebook est un réseau très actif sur Belle-Île, utilisé par des tranches d’âge variées. J’y ai créé des albums par thèmes avec des descriptifs détaillés. Nous avons également bénéficié de la plateforme Solid’île, une vitrine pour soutenir le commerce local pendant le confinement. On a également reçu le soutien des élus locaux et de la Communauté de Communes. La Mairie de Palais a distribué aux bénéficiaires du Centre Communal d’Action Sociale et des Restos du Cœur des bons d’achats à dépenser dans nos commerces. 

 

 « En tant que commerçante, je veux continuer à privilégier les contacts humains. »

 

Pensez-vous développer un site e-shop ?

Je pense plutôt à un site vitrine. L’e-shop demande un investissement quotidien important et je préfère inviter les clients à venir à la rencontre de leurs commerçants. Je n’exclue pas des commandes par téléphone ou e-mail pour quelques commandes, en préservant les contacts humains. 

 

Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?

Bizarrement, pas trop stressée ! On a tellement fait le yoyo cette année… Je pensais fermer pendant les vacances de février, mais le contexte me fait évidemment hésiter. D’autant que j’ai perdu certaines marques de prêt-à-porter en raison de la crise. J’assiste à des showrooms qui, par chance, sont organisés localement. 

 

Que vous apporte cette aventure ?

J’apprends beaucoup sur moi-même. Comme beaucoup, je ressens parfois le syndrome de l’imposteur. J’ai appris à me faire plus confiance et à me rendre compte de ce dont je suis capable, surtout après une année comme celle-ci !

 

Son premier geste en ouvrant le matin 

Sentir l’odeur des boules de bain parfumées qui imprègnent la boutique.

 

Son endroit préféré à Belle-Île 

La pointe du Skeul, j’y vais tous les matins.

 

Son inspiration du moment

L’influenceuse @lena_situationss, une jeune youtubeuse de 22 ans. « Ça fait du bien d’entendre une jeune femme qui réussit et passe par les mêmes questionnements ! »

Plus d’informations

 

Instagram @happyness_belle_ile – Facebook @happynessbellile.

 

Happyness, place Bigarré, Belle-Île-en-Mer

Horaires d’hiver du mercredi au samedi de 10h à 12h30 et de 15h30 à 18h.

 

Concept store bébé, enfant & ado. 

– Sélection de vêtements 1m / 18 ans 

– Loisirs créatifs pour s’amuser de 7 à 77 ans

– Déco pour la chambre

– Accessoires (sacs à dos, trousses, chapeaux, tattoo…)

– Liste de naissance (Turbulettes, tours de lit, mobiles, peluche)

– Cadeaux, surprises, carterie

 

 

Propos recueillis le 4 février 2021

 

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