Poppik - Spoted

Dans les coulisses de Poppik, avec Delphine Badreddine.

Poppik, comme un nom qui se décline dans toutes les langues.
Pop, comme Pop Art : populaire, beau, accessible, coloré, joyeux.
Pik, comme Pop Picture. Et voilà comment des centaines de petites gommettes à coller forment un joli poster à afficher.

En 2016, Delphine Badreddine et Françoise Baglin inventent une nouvelle activité pour toute la famille : le « sticker art », pour développer la concentration et l’autonomie des enfants par le plaisir sensoriel. 4 ans plus tard, elles ont gagné le cœur des petits et des grands avec des produits créatifs et pédagogiques, et une communication directe et authentique. 

« La communication est un long travail de fourmi. Il faut l’accepter et prendre conscience de son importance pour une jeune marque. »

Vous êtes un magasin? Découvrez dans cette vidéo « Les 12 raisons d’aimer Poppik ».

Pourquoi Poppik est né ?

Comme beaucoup d’enfants, les miens ont toujours adoré coller des gommettes ! Sauf qu’il n’y en avait jamais assez dans les offres existantes et qu’il ne restait plus grand chose de ce travail au bout de quelques minutes. Poppik est né pour réaliser de véritables œuvres d’art en stickers et occuper nos enfants pendant des heures, loin des écrans. 

D’où vient votre intérêt pour le secteur de l’enfance ?

Ce domaine m’a toujours parlé. Après des études d’histoire pour devenir enseignante, j’ai finalement évolué dans l’édition jeunesse. Avec une vraie sensibilité à tout ce qui est artistique et visuel, il y a une sorte d’alchimie qui s’est faite naturellement.

Vous êtes associée avec Françoise depuis 8 ans. Comment vous êtes-vous « trouvées » ?

Nous avons toutes les deux travaillé pour les Éditions Bayard, puis dans la maison d’édition créée par Françoise. Lorsque l’aventure s’est arrêtée, nous avons créé l’agence de contenu jeunesse Jaune Citron, toujours à la recherche de nouvelles idées éducatives pour les enfants. C’est ainsi que Poppik est née. Lancer une petite marque demande trop d’investissement pour faire les choses à moitié : nous avons décidé de nous consacrer à temps plein au développement de la marque. 

Qui se cache derrière Poppik ?

Issue de la création éditoriale, je m’occupe du développement des produits, de la communication et du digital. Françoise gère toute la partie commerciale, logistique, stocks et fabrication. Un travail énorme qui représente toute l’ossature de l’entreprise ! Brigitte est responsable commerciale, un lien essentiel avec notre réseau de distribution.

Selon vous, quels sont les secrets d’une bonne association ?

#La Confiance. Au-delà de pouvoir se fier à l’autre, c’est savoir que son associé fera toujours les meilleurs choix pour l’entreprise. Comme dans un couple : on ne guette pas les faux pas, et s’il y a un problème, on en parle !

#Un projet au même niveau dans nos vies. Si Poppik est notre priorité professionnelle, notre vie familiale passe avant tout. Lorsque j’ai eu l’occasion de quitter Paris pour vivre à Casablanca avec mon mari et mes enfants, Françoise m’a comprise et encouragée.

#La complémentarité. Chacune a sa zone de confort et peut se reposer sur l’expertise de l’autre. 

« Le plus difficile pour une jeune marque est de gagner en notoriété, un problème inhérent à toute nouvelle entreprise. » 

Comment émerger en tant que jeune marque ?

Nous n’avons jamais eu de difficultés à convaincre les magasins, mais être reconnu en boutique est un travail de fond qui se fait au quotidien sur le terrain. J’ai longtemps pensé que les mamans recherchaient la nouveauté, alors qu’elles se repèrent et se rassurent avec des produits déjà vus ou utilisés. 

Collection Ocean. L’enfant colle sur le poster près de 60 stickers de grande taille, en suivant les numéros indiqués. Il mémorise ainsi le nom des animaux sans effort.

Quelle organisation avez-vous mise en place pendant le confinement ?

À la minute où le Président de la République a annoncé le confinement, nous avons vu une hausse des visites et des achats sur notre e-shop. J’étais paniquée, je sentais qu’il fallait agir sans trop savoir comment faire. Finalement, on a lancé une newsletter le soir même avec une offre promotionnelle. J’ai continué à écrire et à communiquer directement à nos clients par newsletter. 

Vous avez également renforcé votre engagement auprès des enfants malades pendant le confinement…

Pendant cette période, nous avons saisi l’opportunité de soutenir Laurette Fugain, une association qui travaille au quotidien avec les services hématologie pédiatriques (leucémies). Suite à leur commande, nos clients reçoivent un e-mail personnalisé où je présente l’équipe et les engagements Poppik. Nous informons nos clients que pour chaque commande passée, un enfant hospitalisé reçoit un kit de stickers en cadeau. Je reçois de nombreux retours positifs sur cette forme de cette communication, ressentie comme sincère et authentique. 

Pourquoi avoir choisi cette association ?

Nous voulions agir concrètement pour des enfants, dans un périmètre géographique proche, sans rajouter du transport vers des pays lointains où Poppik n’est pas un besoin prioritaire. Quand mon fils a été hospitalisé, j’ai gardé le souvenir terrible de ces enfants seuls à l’hôpital, sans leurs parents. Cette expérience m’a profondément marquée. L’association Laurette Fugain est venue à nous parce que l’on avait déjà mené des actions pour les enfants hospitalisés à plus petite échelle. En échangeant avec Laurette Fugain, nous avons réalisé que le confinement empêchait les familles de se rendre à l’hôpital. On a voulu les aider en proposant un Poppik pour une commande, ce qui est aussi une manière d’impliquer les clients dans leur achat. 

Comment vos clients et vos magasins se sont attachés à Poppik ?

Avec très peu de budget à allouer en communication, notre pari a été de faire aimer Poppik. Plutôt que d’essayer de rentrer à tout prix dans de grandes enseignes, nous avons choisi des magasins indépendants qui ont testé nos produits et sont devenus nos meilleurs ambassadeurs pour conseiller les mamans. Quand Brigitte a rejoint l’équipe, nous voulions que notre responsable commerciale entretienne un lien personnel avec les boutiques, et créer un attachement à la marque.

« En construisant un lien avec nos magasins et nos clients, nous construisons le capital sympathie de la marque. »

Collections best-sellers drapeaux et insectes.

Quelle est votre recette pour créer ce lien particulier avec les magasins ?

C’est un travail de long terme qui est fait de plein de petites attentions. D’abord, nos boutiques ont toujours la même personne en ligne, qu’elles connaissent personnellement. En début de confinement, Brigitte a préparé une vidéo avec un message de soutien à l’attention de toutes nos revendeurs. Cela passe également par la souplesse de nos conditions commerciales, comme envoyer un exemplaire gratuit à un revendeur potentiel. C’est l’ensemble de ces petits gestes qui font que l’on aime Poppik. Les gens ont également besoin de savoir que derrière une marque, il y a des personnes qui écoutent et qui répondent. Beaucoup de mamans m’écrivent après avoir commandé. Je prends toujours le temps de leur répondre, en les remerciant pour leurs retours et leurs partages. 

Parlez-nous de votre communauté sur Instagram, et plus particulièrement votre relation avec les influenceuses.

En démarrant sur Instagram, je me suis très vite rendue compte à quel point ce serait un travail long et fastidieux ! Je poste tous les jours, avec des thèmes variés, en essayant d’aller au-delà du produit. J’ai gagné des abonnés qualifiés en communiquant auprès des influenceuses. J’avais repéré certaines mamans par hasard sur internet. Puis j’ai recherché les comptes proches des influenceuses que nous connaissons, grâce à l’option des « comptes similaires ». Je me suis créée une base de 200 contacts, avec un gros travail de recherches pour bien les connaître. Ainsi, lorsque j’écris à une influenceuse, je lui explique pourquoi je l’ai remarqué, ce que j’aime dans son compte, je propose des produits adaptés à l’âge et au goût de ses enfants, ou encore à son univers … 

Leurs posts ont-ils une influence sur vos ventes ?

Dans cette période de confinement, beaucoup de mamans blogueuses ont accepté avec plaisir de nous tester. Leurs posts amènent de nouveaux abonnés mais surtout des commandes sur notre e-shop. Quand une influenceuse fait un post sur un produit en particulier, je peux avoir 4 à 5 commandes sur ce produit dans les minutes qui suivent. 

« Cette vieille recette fonctionne réellement : montrer 8 à 9 fois son produit à différents points de contact pour déclencher l’achat final ! »

Qu’en est-il des actions de visibilité payantes en digital ?

On a testé une campagne de visibilité avec une très bonne agence sur Facebook et Google Adwords. Le retour sur investissement s’est révélé finalement limité. En ce qui nous concerne, il est plus efficace de consacrer du temps à faire tester Poppik à des personnes « influentes », à des responsables de boutiques, à tous ceux qui peuvent être prescripteurs pour déclencher un achat. Beaucoup de clients Poppik ont vu notre produit sur différents supports de communication et dans plusieurs situations avant de l’acheter. Avec un packaging sympa et un positionnement prix accessible, notre combat est de gagner en notoriété de façon organique. 

Comment communiquer au-delà du produit ?

En écoutant nos clients, je réalise que notre champ des possibles est immense pour élargir notre univers. Hier par exemple, j’ai reçu un e-mail d’une maman qui avait décollé le contour de maintien des stickers. Son enfant a rempli les espaces vides et Poppik est devenu un superbe outil pochoir. L’imagination des enfants et de leurs parents construit l’univers et l’âme de Poppik. 

Quand Poppik devient activité pochoir

Quel est le profil type de vos revendeurs en France ?

Nous sommes distribués auprès de 400 points de vente : concept stores, librairies, magasins de jeux et boutiques de musées. En France, ce sont des magasins indépendants qui ont testé et aimé nos produits. Ils ont souvent un rayon loisirs créatifs type puzzle ou coloriages qui complètent bien leur offre en magasin. 

Et à l’étranger ?

À l’international, qui représente aujourd’hui 40% de notre chiffre d’affaires (notamment Europe, Australie, Taiwan), notre présence dépend beaucoup de nos distributeurs et des codes culturels du pays. Si le distributeur a lui-même beaucoup de marques mode dans son portefeuille, on a des chances de se retrouver dans cet univers… En Corée, Poppik se vend plutôt à distance ou à domicile. Il y a autant de pays que de façons de faire et de penser. 

Quel serait votre conseil à une jeune marque ?

Choisir ses combats ! Et celui de la communication est très important. C’est un travail à part entière, nous avons d’ailleurs une stagiaire à mi-temps pour nous épauler. Au début, c’est difficile de s’y mettre car c’est un moment où l’on doit tout construire … Mais une fois les fondements de l’entreprise posés, ils le sont pour longtemps et on peut libérer du temps pour entretenir un lien direct et authentique avec tous ses publics.  

Rédaction : Céline Fontaine Sainfleuret

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