Stella Mazeres présente Nouvel Arrondissement

Stella incarne l’esprit feel good et convivial de son concept store Nouvel Arrondissement, situé dans le cœur historique d’Aix-en-Provence. Décrit comme « cabinet d’objets et boutique de curiosités », ce lieu hybride est à la fois boutique de créateurs Made in France, salon de thé et espace convertible en ateliers. Entre son inventaire du matin et ses visites clients, l’ex juriste parisienne nous raconte sa reconversion et ses expériences (bonnes ou mauvaises !) de commerçante-entrepreneuse. Retour sur 3 années riches d’apprentissages.

« Je suis la plus heureuse lorsque l’on me dit que cette boutique me ressemble. Cela signifie que j’ai réussi à transmettre mon univers. »

Décrivez-nous Le Nouvel Arrondissement

J’ai imaginé un appartement à l’esprit parisien, un lieu de vie où l’on se sent « comme à la maison ». Parquet au sol, moulures, tons pastels, meubles chinés ou empruntés … L’espace boutique présente mes produits coups de cœur, une sélection Made in France distribuée exclusivement à Aix : décoration, accessoires, bijoux, maroquinerie, cosmétiques et papeterie… Au fond, un petit salon de thé pour papoter, travailler, ou déguster des saveurs uniques, comme les infusions Chic des Plantes.

Pourquoi avoir quitté Paris et votre métier de juriste pour créer votre concept store à Aix ?

J’ai cette idée en tête depuis toujours, d’autant plus que j’ai grandi dans une famille d’entrepreneurs. Je ne me suis jamais vraiment faite à l’entreprise. En vivant à Paris, près des concept stores que j’adorais, je me suis rendue compte que je voulais ma propre boutique. Suite à une réunion de trop, j’ai filé dans un café pour coucher sur papier les pours et les contres. Le projet était né ! J’ai quitté mon job de juriste environnementale à Paris pour retourner à Aix, ville de mes années étudiantes.

Racontez-nous votre installation

J’ai eu la chance de trouver le local avant même de quitter Paris. Avec des droits au bail hors de prix dans mon quartier de prédilection, j’ai rapidement déchanté. Mais au final, en revoyant mon budget, j’ai réussi à trouver un emplacement très proche de mes souhaits. Il s’est passé près de 9 mois avant l’ouverture : business plan, prêt d’honneur, prêt bancaire, puis 3 mois de travaux sans autre aide que ma famille et mon compagnon de l’époque : une véritable épreuve!

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Encore aujourd’hui, la principale difficulté est de se faire connaître auprès de nouveaux clients, tout en restant à l’esprit des plus fidèles. Être seule est tout aussi difficile. On a parfois du mal à sortir la tête de l’eau pour savoir comment évoluer. Heureusement, j’ai pallié à ce manque en me rapprochant des commerçants de mon quartier. On se connaît bien, on s’entraide beaucoup. Échanger me donne une nouvelle impulsion.

Que préférez-vous dans cette nouvelle vie ?

La liberté de faire mes propres choix, recevoir des retours positifs, et échanger avec des clientes qui sont devenues des copines. Je suis la plus heureuse lorsque l’on me dit que cette boutique me ressemble. Cela signifie que j’ai réussi à transmettre mon univers.

Comment vous organisez-vous pour gérer la boutique ?

J’essaie de me booster et d’organiser ma journée, en conservant un créneau de deux heures tous les matins aux tâches qui me motivent le moins (compta, inventaire !). Je fonctionne encore de façon artisanale, en tout cas sans outil de gestion de caisse. Je suis mon stock avec une base de données Microsoft Access que m’a créé mon père, lui-même ancien pharmacien. Cela me permet de maitriser les informations, d’ajuster la base à mes besoins réels, et surtout de faire des économies. J’arrive à gérer le salon en parallèle, tant que cela reste une activité annexe.

Comment recrutez-vous pour les ateliers ?

Les ateliers sont un outil de communication supplémentaire pour faire connaître la boutique. J’espère faire venir des gens qui ne connaissent pas la boutique en m’appuyant le réseau de l’intervenant. Je communique ensuite par newsletter, en boutique, sur les réseaux sociaux… Les thèmes « Terrarium » et « Cosmétiques naturels » ont eu beaucoup de succès.

Avec 3 ans de recul, quel levier vous amène le plus de trafic ?

Instagram, sans hésiter. Ce réseau a été vraiment utile pour me faire connaître auprès des aixoises. Pour le moment, je constitue ma communauté sans avoir recours à du payant. Par contre, j’ai testé avec succès un post sponsorisé sur de nouvelles pochettes d’ordinateur vraiment sympas. Résultat, tout mon stock est parti en quelques jours. Pour seulement 10 euros investi sur 2 jours, j’ai réalisé un chiffre d’affaires de près de 400€. Je réalise également à quel point Instagram peut créer de la proximité. Suite à une story il y a quelques jours pour mon départ en congés, quelques clientes sont passées me souhaiter de bonnes vacances !

Vous confiez sur votre blog être « addict » à Instagram… Comment mettre en place une « veille nouveautés » efficace ?

J’ai commencé sur ce réseau pour y repérer les créateurs avec lesquels j’avais envie de travailler. Je m’accordais deux heures tous les matins, en surfant d’un compte à l’autre : blogueurs, boutiques, créateurs… Je suis les influenceurs locaux pour comprendre ce que recherchent nos consommatrices, les comptes de mes boutiques parisiennes favorites, mais aussi des femmes entrepreneures qui m’inspirent : Lisa Gachet, Mathilde Lacombe et Shanty Barel. On a toujours besoin de modèle pour se dire que c’est possible ! 

Les salons sont-ils une source d’inspiration ?

En réalité, je visite les salons davantage pour prendre contact que pour réellement découvrir de nouvelles marques. J’adore voir les collections et échanger directement avec les créateurs. Même si Maison & Objet et Who’s Next se sont recentrés sur les concept stores, j’ai besoin pour ma part de découvrir les nouveautés du Made in France. MIF Expo sera probablement mon prochain salon.

« À travers ma sélection, j’essaie de montrer que l’on peut proposer du Made in France à des prix accessibles »

Comment sélectionnez-vous vos nouveaux créateurs ?

Je fonctionne sur 3 critères : le Made in France, une distribution exclusive sur Aix-en-Provence, et surtout… le coup de cœur ! Je choisis des produits que j’achèterai pour moi, avec une large proposition de prix, pouvant aller de 7€ à 135€ par exemple sur les bijoux. J’essaie surtout de montrer que l’on peut acheter français à un prix raisonnable. Le choix de produits fabriqués en France correspond à mon univers, authentique et artisanal. Je ne fais pas de soldes en dessous de 30%, je participe au Green Friday… en restant cohérente à ma philosophie.

Avez-vous un e-shop ?

C’est un investissement prioritaire pour 2020. On me demande parfois de pouvoir acheter via Instagram. Pour les clientes qui viennent à Aix en vacances, ce serait un plus de pouvoir commander à l’année sur mon e-shop. J’aimerai travailler avec des agences locales qui comprennent mon univers et m’aident à garder la main sur l’outil. D’autant plus que je fonctionne sur un petit stock pour pouvoir proposer un renouvellement régulier des offres.

En quoi Spoted vous a aidé ?

Le concept est vraiment adapté, notamment parce que la plupart des créateurs français nous demandent un paiement à la commande, avec une livraison qui peut avoir lieu jusqu’à 3 semaines après. Spoted me libère des contraintes d’immobilisation de trésorerie : je peux vendre avant de payer la commande. J’ai référencé les affiches Bookster, les plantes Diaiwaie, Jonesie ou encore Chic des Plantes que je propose également au salon de thé.

« La boutique doit raconter une histoire. C’est ce que j’essaie de faire dans toutes mes créations. » 

Quel conseil donneriez-vous à une commerçante qui se lance ?

D’abord, bien se renseigner sur le métier. J’étais tellement excitée au départ que j’ai sûrement occulté certaines contraintes, notamment le fait de ne pas avoir de vacances et de week-ends. Cela fait 2 ans et demi que je ne suis pas partie ! Ceci étant dit, je ne regrette pas mon ancienne vie de salariée. Ici, je fais de belles rencontres, notamment avec mes voisins commerçants. Le meilleur conseil que l’on m’ait donné, c’est de créer un lieu qui raconte une histoire. Dans tout ce que je crée, j’essaie toujours de pouvoir raconter une histoire.

Que peut-on souhaiter à Nouvel A’ pour 2020 ?

Un site e-commerce, encore plus d’échanges avec mes clientes, et le développement de ma boutique. Après 3 ans d’activité, j’ai envie de tester de nouvelles choses, pourquoi pas l’habillement !

Plus d’infos sur le site internet de Nouvel Arrondissement

Quelques thèmes d’ateliers Do It Yourself : Couture – Cosmétiques naturels – Terrarium – Carnets de voyage. Enterrement Vie de Jeune Fille prévu au Printemps prochain.

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Rédaction : Céline Fontaine Sainfleuret